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D.M.L.A. |
La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) concerne plus de 1 million de personnes en France et constitue la première cause de malvoyance après 50 ans dans les pays industrialisés.
La prévalence de la DMLA et de ses complications augmentent de façon exponentielle avec l’âge. On estime qu’environ 1% des patients âgée de 65 à 74 ans et 5% entre 75 et 84 ans ont déjà une forme évoluée de la maladie mais que 15 et 25% respectivement présentent des éléments précurseurs de DMLA.
Les facteurs de risque sont à la fois constitutionnels (âge, antécédents familiaux, athérosclérose…) et environnementaux (tabagisme, exposition à la lumière bleue, stress oxydatif…).
Les signes précurseurs de la maladie ne sont dépistés que par l'ophtalmologiste lors de l’examen du fond d’œil et ne sont pas perçus par les patients dont la vision ne s'altère qu'à un stade évolué. Si le premier symptôme perçu est l'augmentation du besoin de lumière à la lecture, c'est l'apparition de déformations des images (métamorphopsies) qui alarme le plus les patients et doit les décider à consulter rapidement.
Différentes modifications de la rétine et de l’épithélium pigmentaire accompagnent le vieillissement de l’individu. En fonction des facteurs de risques, ces modifications peuvent être responsables d’une accumulation des déchets produits lors du fonctionnement normal de la rétine. Ces déchets appelés "drusens" s'accumulent sous la rétine et entraînent des altérations profondes de la rétine en déclenchant des réactions tissulaires inflammatoires anormales. En fonction de l’évolution, différentes formes histologiques et anatomiques sont décrites. La forme atrophique (ou sèche), caractérisée par une disparition progressive des photorécepteurs et de l’épithélium pigmentaire, est la plus fréquente (environ 85 % des cas). La forme exsudative (ou humide) est définie par l'apparition de vaisseaux anormaux (néovaisseaux) sous la rétine. Ces néo vaisseaux peuvent être de type visibles ou occultes lors de l'examen de la rétine. Il est donc nécessaire de réaliser des investigations permettant d’analyser finement la rétine pour déterminer le type de DMLA, dépister l’existence de néovaisseaux et préciser leur localisation sous la rétine. L'ophtalmologiste dispose pour cela d’examens complémentaires de plus en plus sophistiqués tel que l'angiographie numérisée à la fluorescéine et/ou au vert d'indocyanine, la tomographie en cohérence optique
La DMLA atteint la partie centrale de la rétine appelée la macula. Cette petite zone rétinienne d'environ 450 microns de diamètre est dépourvue de vaisseau sanguin afin d'optimiser notre vision. C'est l'élément le plus important de notre rétine et donc de notre vue. Les cellules qui la composent (les cônes) permettent de voir jusqu'à 10/10. Cette macula donne à la vision centrale de notre champ visuel la capacité lire, de reconnaître les visages, de regarder la télévision et de voir les couleurs. Lorsque la macula est détruite par les néovaisseaux ou lorsqu'elle s'est atrophiée, la personne atteinte ne peut plus lire ou écrire mais garde une bonne vision périphérique lui permettant de se déplacer, de retrouver son chemin, ses affaires et donc de rester autonome. Il n'existe donc à l'heure actuelle aucun traitement pouvant prévenir l'apparition de cette maladie. Une fois la dégénérescence maculaire installée, il est parfois possible de proposer un traitement adapté selon la forme clinique présentée.
La forme atrophique, malheureusement la plus fréquente, ne bénéficie, à ce jour, d’aucun traitement préventif ou curatif efficace. La forme néovasculaire, la plus rare mais la plus agressive, peut parfois être jugulée. Les possibilités thérapeutiques se sont largement élargies ses dernières années, offrant à l’ophtalmologiste de plus en plus d’armes pour stopper l’évolution de la maladie.
Plusieurs traitements sont proposés et parfois associés notamment la photocoagulation directe des lésions au laser, la photothérapie dynamique après injection de Visudyne® par voie intra-veineuse ou bien plus récemment, l’injection intra vitréenne (c'est-à-dire intra oculaire) de produits pharmacologiques directement actifs sur les néovaisseaux. Ces nouveaux traitements, appelés anti-VEGF (Macugen® , Lucentis® ou Avastin®) nécessitent l’utilisation d’un bloc opératoire pour être administrés dans des conditions d’asepsies strictes et de sécurité optimale pour le patient.
Dans les formes évoluées, la rééducation orthoptique en basse vision et les aides optiques peuvent aider les patients.
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